QUAND LE DEVOIR DEVIENT ŒUVRE
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Albert Memmi est un écrivain " engagé " non pas au sens où l'imagination serait employée pour promouvoir une idée politique ou sociologique et où les mots seraient au service d'une idéologie mais engagé par devoir envers son propre vécu. |
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Tout au long de son œuvre, comme romancier ou comme essayiste, la vie d'Albert Memmi est mise en évidence un peu comme si l'écrivain était un archéologue qui étale ses découvertes pour les examiner et les identifier avant de les réarranger : " Dans mon adolescence, écrit Memmi dans La statue de sel, je ne fus ni heureux ni profondément malheureux. Je n'avais pas le temps d'être, j'agissais, apprenais, me transformais ; et par à coups, au hasard de cette lutte continuelle, je m'indignais, me révoltais ou exultais. "(écouter A. Memmi) La lutte continuelle dont parle Memmi est un devoir et elle se transforme selon les besoins de l'auteur. |
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Dans la préface de l'ouvrage, Albert Camus écrit : " Voici un écrivain français de Tunisie qui n'est ni français ni tunisien… Il est juif. (…) " Juif, et pourtant laïc, refusant toute classification et tenant un raisonnement qui l'oblige à définir, inventer et réinventer son être et sa réalité. À partir de sa vie, de son intériorité et de ses pulsions, Memmi vise l'universel, une vérité faite de spécificités en vue d'être la plus précise possible. À cet égard, pour lui, la judéité " est le fait et la manière d'être juif ; le judaïsme, l'ensemble des doctrines et des institutions juives, et la judaïcité l'ensemble des personnes juives.(écouter A. Memmi) | ![]() |
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Son travail comme essayiste est également forgé par le devoir. Le devoir de comprendre parce que comprendre c'est apprendre.(écouter A. Memmi) Son expérience comme Tunisien colonisé lui confère une certaine autorité quand, par exemple, il écrit : " En somme, refusant le mal, le colonisateur de bonne volonté ne peut jamais atteindre le bien, car le seul choix qui lui soit permis n'est pas entre le bien et le mal, il est entre le mal et le malaise. " (Portrait du colonisé, précédé du Portrait du colonisateur, 1957). Albert Memmi veut créer un monde plus humain, plus universel, avec comme réflexion centrale le rapport toujours renouvelé en oppression, oppresseur et oppressé. |






