GUADELOUPE
La Guadeloupe est un archipel des Petites Antilles découvert par Christophe Colomb en 1493, alors peuplé par les indiens Caraïbes. À partir de 1635, Charles Liènard de l'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville en prennent possession au nom de la Compagnie française des îles de l'Amérique. En 1641 s'achève la guerre entre colons et Caraïbes. Ces derniers, déjà diminués par les maladies et les massacres depuis les premiers colons espagnols, sont envoyés sur l'île de la Dominique. En 1674, la Guadeloupe passe sous l'autorité directe de la couronne du roi de France et devient par la suite une dépendance de la Martinique. Les propriétaires terriens, afin d'assurer le développement de leurs exploitations de café, de canne à sucre et de coton, ont besoin d'une nouvelle main d'oeuvre à bon marché : des esclaves noirs sont alors amenés d'Afrique. L'esclavage est aboli en 1795 par Victor Hugues, révolutionnaire français qui gouverna l'île pendant quatre années, mais il sera rétabli à plusieurs reprises (notamment sous la domination anglaise et sous Napoléon Bonaparte) avant d'être officiellement et définitivement aboli en 1848.
La Guadeloupe a connu trois périodes de domination britannique (1759-1763, 1794-1795, 1815-1816). Elle est, depuis 1816, toujours restée française.
Aujourd'hui, la Guadeloupe est en même temps une région administrative et un département français d'outre-mer (DOM) dont la préfecture est Basse-Terre. Elle constitue avec la Martinique (située à environ 150 km plus au sud) et la Guyane (située au nord de l'Amérique du Sud) les départements français d'Amérique (DFA).
Les îles de Basse-Terre et Grande-Terre constituent la Guadeloupe stricto sensu. En dépendent administrativement : Marie-Galante (au sud), Les Saintes (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, au sud) et la Désirade (à l'est). Le 7 décembre 2003, les électeurs de Guadeloupe ont rejeté le projet de création d'une collectivité unique se substituant au département et à la région qui coexistent sur le même territoire. Le même jour, les électeurs de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ont voté en faveur de l'autonomie de leurs communes, devenues par la loi organique du 21 février 2007, deux Collectivités d'Outre-Mer (COM) distinctes de la Guadeloupe.
La Guadeloupe fait aujourd'hui partie de l'Union Européenne au sein de laquelle elle constitue une région ultrapériphérique, ce qui lui permet de bénéficier de «mesures spécifiques» consistant à faire des adaptations du droit communautaire en tenant compte des caractéristiques et contraintes particulières de la région.
LANGUES CREOLES
Les créoles à base lexicale française sont des langues nées dans diverses colonies françaises au cours des XVIIème et XVIIIème siècles. Les créoles qui naquirent de l'évolution accélérée de formes régionales et populaires du français ainsi que de différentes langues régionales françaises, furent utilisés dans le contexte des contacts de populations au cours de l'esclavage (sociétés d'habitation puis sociétés de plantation), sans doute également avec l'influence des langues originelles des locuteurs (langues africaines diverses, malgache, voire un créole déjà constitué, selon les lieux). Pour des raisons diverses d'ordre historique ou socioculturel, les créoles sont devenus les langues maternelles de toute une communauté (a contrario les pidgins sont toujours des langues secondes). Les conditions de formation de ces langues à partir de pseudo-sabirs de la principale langue de référence, le français (emploi d'impératifs, d'infinitifs et de structures de phrase simplifiées) expliquent la relative proximité de créoles pourtant très éloignés géographiquement. Ainsi, par exemple, deux créolophones réunionnais et matiniquais se comprennent plutôt bien, la structure de leurs langues étant extrêmement proche.
Il existe deux grandes zones de parlers créoles (dits) français :
Bien que les premiers écrits en créole remontent à la fin du XVIIème siècle, les langues créoles restèrent longtemps presque uniquement d'emploi oral. Grâce aux travaux de nombreux linguistes, la codification des grammaires et orthographes créoles a permis au XXème siècle le développement d'une littérature créole abondante et souvent de grande qualité. Parmi les auteurs créolophones les plus reconnus, on peut citer Raphaël Confiant et Serge Restog (Martinique), Sony Rupaire, Hector Poullet et Max Rippon (Guadeloupe), Elie Stéphenson (Guyane), Dominique Batraville et Georges Castera (Haïti), Jean Albany, Axel Gauvin et Daniel Honoré (Réunion) etc ...
Exemple de phrase écrite en créole antillais:
"Sé gren diri ka fè sak diri" : Ce sont les grains de riz qui font le sac de riz (Les petits ruisseaux font les grands rivières)




